Le Bénin a nommé 15 conseillers techniques à l'intelligence artificielle dans ses ministères depuis septembre 2026. Ces nominations, prononcées en trois conseils des ministres sous la présidence de Romuald Wadagni, placent un spécialiste de l'IA auprès de l'Intérieur, des Finances, de l'Agriculture, des Affaires étrangères ou encore de l'Éducation.
Elles arrivent après le changement de gouvernement de mai 2026. Le président Wadagni a alors confié la Transformation digitale, l'Innovation et la stratégie nationale d'intelligence artificielle à un même ministre, Mahuna Akplogan, docteur en IA. Le pays travaillait déjà sur le sujet : le projet JaimeMaLangue, qui entraîne une IA à parler fongbé, a démarré en novembre 2025.
Qui sont les 15 conseillers techniques à l'intelligence artificielle nommés au Bénin ?
Les conseillers techniques à l'intelligence artificielle apparaissent dans les comptes rendus de trois conseils des ministres, publiés par le Secrétariat général du gouvernement : trois nominations le 2 septembre, deux le 7 octobre et dix le 4 novembre. Chacun des 15 postes relève d'un ministère différent.
Conseil des ministres du 2 septembre 2026 : 3 nominations
Le premier conseil de la série a pourvu trois ministères :
- Enseignement supérieur et Recherche scientifique : Mohamed Salifou, conseiller technique aux programmes et projets de développement de l'intelligence artificielle et de la robotique ;
- Cadre de vie et Transports, en charge du Développement durable : Termyl Yahouedeou ;
- Budget et Fonction publique : Wilfried Gandaho.
Conseil des ministres du 7 octobre 2026 : 2 nominations
Deux ministères ont reçu leur conseiller en octobre :
- Agriculture, Élevage et Pêche : Monsoï Consolas Névinas Hodonou ;
- Famille et Action sociale : Eudoxie Abouta.
Conseil des ministres du 4 novembre 2026 : 10 nominations
Le conseil du 4 novembre a nommé à lui seul dix conseillers techniques à l'intelligence artificielle :
- Affaires étrangères : Dave Dassi ;
- Intérieur et Sécurité publique : Audrey Kouessi Fangnon ;
- Enseignement secondaire : Olawalé Amos Olaossi ;
- Enseignements maternel et primaire : Bernard-Marie Onzo ;
- Culture, Arts et Patrimoine : Godson Yebadokpo ;
- Commerce intérieur : Mahuvivi Turibio Keke ;
- Transformation digitale, en charge de la Stratégie nationale d'intelligence artificielle : Gaëlle Pricile Gangbè, conseillère technique à l'intelligence artificielle responsable et inclusive ;
- Énergie, Eau et Mines : Gédéon Jesugo Gbedonou ;
- Petites et moyennes entreprises et Promotion de l'emploi : Hermione F. W. Denakpo ;
- Finances et Microfinance : Vinasétan Ratheil Esse Houndji.
Mahuna Akplogan, le ministre béninois chargé de l'intelligence artificielle
Mahuna Akplogan est ministre de la Transformation digitale et de l'Innovation, en charge de la stratégie nationale d'intelligence artificielle, depuis sa nomination par le président Romuald Wadagni en mai 2026. Selon la présentation publiée par son ministère, il est ingénieur, titulaire d'un master de l'Université de technologie de Compiègne et docteur en intelligence artificielle de l'Université Toulouse III Paul-Sabatier. Il compte plus de quinze ans d'expérience et a cofondé l'association iSheero, qui forme des spécialistes de la data science, du data engineering et des infrastructures cloud à l'échelle panafricaine.
Le cabinet du ministre de la Transformation digitale s'est constitué en deux temps. Le conseil du 2 septembre a nommé Syntiche Gbehounou-Le Boedec directrice de cabinet et Gaspard Datondji secrétaire général du ministère. Celui du 4 novembre a ajouté Gaëlle Pricile Gangbè et Idriss Bengeloune, conseiller technique au développement des écosystèmes d'innovation et au suivi des partenariats stratégiques.
Que prévoit la stratégie nationale d'intelligence artificielle du Bénin ?
La stratégie nationale d'intelligence artificielle du Bénin, la SNIAM, a été adoptée en conseil des ministres le 18 janvier 2023 pour la période 2023-2027. Ce texte sur l'IA et les mégadonnées vise notamment l'éducation, la santé, l'agriculture, le cadre de vie, le tourisme, l'administration publique, les transports et les finances.
Plusieurs de ces secteurs ont maintenant leur conseiller technique à l'intelligence artificielle. L'éducation en compte trois, un par ministère, et l'agriculture, le cadre de vie et les transports, le budget et les finances ont aussi le leur. Le ministère de la Santé ne figure pas dans les nominations publiées à ce jour, et les comptes rendus ne détaillent pas les missions de ces conseillers.
Innobox : des centres d'innovation à Parakou et Porto-Novo pour l'IA en langues nationales
Les centres d'innovation Innobox sont l'autre décision numérique du conseil des ministres du 4 novembre, qui a autorisé une phase pilote à Parakou et à Porto-Novo. Ces bâtiments modulaires, équipés pour fabriquer, expérimenter et travailler à plusieurs, seront ouverts à la population et d'abord aux jeunes. Le gouvernement cite des projets comme une lampe à commande vocale en langues locales, un système d'arrosage automatique, un dispositif d'alerte aux inondations ou un robot autonome.
Chaque Innobox doit aussi collecter des corpus en langues nationales destinés à l'intelligence artificielle, le même besoin que celui de JaimeMaLangue pour le fongbé. Le modèle sera ensuite étendu à l'ensemble des communes, sur la base des enseignements de cette phase pilote.

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