La direction générale de l'armement (DGA) a notifié le 4 novembre 2026 la commande d'une capacité hauturière de lutte anti-mines au profit de la Marine nationale, selon le ministère des Armées. Le groupement formé par Chantiers de l'Atlantique et Abeilles International a été retenu pour fournir deux navires qui serviront à déployer des drones en haute mer.
Cette décision prolonge le programme SLAM-F, le Système de lutte anti-mines du futur, dont la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a validé une nouvelle étape en juillet 2026. Le programme s'articule autour d'un drone de surface développé par Thales, dont le premier exemplaire de série a été livré à la Marine nationale le 19 décembre 2024. Reste à disposer de bâtiments capables de transporter et de mettre à l'eau ces systèmes loin des côtes.
Lutte anti-mines : ce que prévoit la commande de la DGA
La commande de lutte anti-mines porte sur un affrètement et non sur un achat. La flotte sera composée de deux navires de classe 80 mètres environ, d'un déplacement de 4 000 tonnes, affrétés pour une durée maximale de dix ans. Ils seront disponibles d'ici 2028.
Le ministère annonce un potentiel de 320 jours de mer par an et une capacité d'alerte de 24 heures. Aucun montant n'a été communiqué pour ce contrat.
Qui exploitera les navires affrétés de la Marine nationale ?
L'exploitation des navires sera partagée entre civils et militaires. Un équipage civil français assurera la conduite et la maintenance du bâtiment. Un détachement militaire de la flottille de lutte contre les mines de la Marine nationale sera responsable de la mise en œuvre des systèmes de mission.
Le groupement retenu associe Chantiers de l'Atlantique et Abeilles International. Cette dernière est une filiale du groupe espagnol Boluda, qui arme déjà, au profit de la flotte française, les remorqueurs de haute mer Abeille Bretagne et d'autres navires.
Un système de mise à l'eau conçu pour la mer agitée
Le système de mise à l'eau des drones est développé par Chantiers de l'Atlantique et NOV-BLM. Il est capable d'opérer dans des conditions de mer difficiles, jusqu'à l'état de mer 5, qui correspond à une mer agitée.
Cette capacité compte pour la lutte anti-mines en haute mer, où les drones doivent être déployés et récupérés sans attendre une météo favorable.
Pourquoi la France affrète des navires pour sa lutte anti-mines ?
La flotte de chasseurs de mines de la Marine nationale reste réduite. Elle ne compte plus que huit chasseurs de mines tripartites, dont six doivent être désarmés d'ici 2030. Les bâtiments prévus pour déployer les drones en haute mer, les BGDM, ont vu leur construction reportée.
L'affrètement de navires civils permet donc de combler l'attente. La Royal Navy a suivi la même voie avec le navire civil Stirling Castle.
Le ministère présente cette commande en parallèle du « pacte drones navals de défense », lancé le même jour pendant Euronaval. Les deux annonces relèvent de la modernisation maritime, mais elles ne forment pas un contrat unique.
Les navires sont destinés à la seule Marine nationale. Ils sont plutôt prévus pour les abords des côtes françaises et européennes, dans des zones où les risques sont limités, et non pour les missions lointaines, sauf urgence.

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