Cyberattaque contre l'EFS : que s'est-il passé dans la nuit du 1er au 2 novembre ?
Selon Le Canard enchaîné, des installations frigorifiques de l'Établissement français du sang (EFS) ont été visées dans la nuit du 1er au 2 novembre 2026. La région Bourgogne-Franche-Comté est citée parmi les sites concernés. L'hebdomadaire a publié l'information le 3 novembre.
L'EFS a confirmé auprès du journal qu'un technicien de permanence avait constaté, dans la nuit de dimanche à lundi, une remontée en température. L'établissement n'a pas parlé d'intrusion informatique dans sa formulation.
Selon BFMTV, il s'agirait d'un incident de cybersécurité ayant affecté des équipements de supervision et de pilotage de chambres froides. RMC rapporte de son côté que des chambres froides d'un prestataire ont subi des modifications de température à distance.
Plasma destiné à la transfusion : quels produits étaient concernés ?
L'EFS a d'abord évoqué des échantillons de veille sanitaire. Il a ensuite reconnu auprès du Canard enchaîné que du plasma congelé destiné aux transfusions figurait parmi les produits concernés.
Le plasma frais congelé obéit à une règle stricte : les recommandations sanitaires prévoient une conservation à une température inférieure ou égale à -25 °C. Le nombre d'unités touchées, la durée de la perturbation et les températures réellement atteintes n'ont pas été communiqués.
Coolworld et la consigne à 110 °C : ce que rapporte Le Canard enchaîné
D'après Le Canard enchaîné, le prestataire concerné est Coolworld, chargé de la maintenance des conteneurs frigorifiques. L'hebdomadaire affirme aussi que la consigne de température aurait été remplacée par une valeur de 110 °C. Il s'agit d'une instruction rapportée par le journal, et non d'une mesure faite à l'intérieur des congélateurs.
Coolworld n'a fait aucune déclaration publique à ce stade. On ignore l'auteur de l'acte, la méthode d'accès utilisée et le modèle d'équipement en cause.
Plasma de l'EFS : quelles conséquences pour les patients ?
Le ministère de la Santé affirme qu'il n'y a eu « zéro conséquence opératoire », ni sur la chaîne transfusionnelle ni pour un patient. Le président de l'EFS, Frédéric Pacoud, a déclaré à 20 Minutes : « Il n'y a pas eu d'atteinte à la sécurité des produits ».
Il a toutefois reconnu au micro de BFMTV : « On aurait pu perdre des échantillons ou des poches de plasma destinés à soigner des patients ». Aucune destruction de plasma n'est signalée dans les informations disponibles.
L'affaire survient alors que les cyberattaques contre la grande distribution ont déjà poussé l'Union européenne à réclamer des plans d'urgence, un sujet que nous avons traité dans notre article sur les cyberattaques contre les supermarchés. Aucun lien n'est établi à ce stade entre ces attaques et l'incident de l'EFS. L'enquête doit déterminer la nature exacte de l'incident.

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