La révision de la loi sur la cybercriminalité du Nigeria est en préparation : Kashifu Inuwa Abdullahi, directeur général de l'Agence nigériane de développement des technologies de l'information (NITDA), a déclaré à Abuja, lors de la Conférence internationale sur la cybersécurité 2026, que son agence travaille avec le Bureau du Conseiller à la sécurité nationale (ONSA) et l'Assemblée nationale pour réviser le texte et renforcer le cadre national de cybersécurité.

Cette annonce arrive alors que les attaques assistées par intelligence artificielle se multiplient, une évolution que suit de près le secteur, comme le montre le lancement de GPT-6 Cyber, le modèle de cybersécurité d'OpenAI. À ce stade, il s'agit d'une intention affichée par les autorités : aucune nouvelle loi n'est adoptée, et rien ne change encore pour les utilisateurs nigérians.

Que prévoit la révision de la loi sur la cybercriminalité au Nigeria ?

La révision de la loi sur la cybercriminalité au Nigeria vise à adapter le cadre juridique aux menaces émergentes. Selon le directeur général de la NITDA, l'agence collabore avec l'ONSA et le Parlement pour mettre à jour la législation.

Le procureur fédéral Fagbemi a pour sa part annoncé que le gouvernement prépare un projet de loi exécutif. Il affirme que l'État est déterminé à remanier la législation contre la cybercriminalité pour répondre aux menaces liées à l'intelligence artificielle, et dit soutenir des lois qui répondent aux technologies émergentes.

Le Cybercrimes Act de 2015 reste la loi de référence

Le Cybercrimes Act de 2015 reste la principale législation nigériane en matière de cybersécurité. Ce texte prévoit notamment la protection de l'infrastructure nationale d'information critique.

Sur l'intelligence artificielle, le pays ne dispose pas encore d'un cadre juridique dédié. Des lois existantes, dont le Cybercrimes Act et la loi nigériane sur la protection des données, peuvent toutefois s'appliquer à certaines attaques assistées par IA. La commission nationale de protection des données révise d'ailleurs la loi sur les données personnelles pour traiter les questions liées à l'IA.

Côté institutionnel, le ngCERT est chargé de coordonner la réponse aux incidents. Le sujet touche aussi la finance : l'autorisation accordée à Grey par la banque centrale illustre l'importance des services numériques au Nigeria, comme le détaille l'approbation de la CBN pour que Grey opère comme IMTO.

Cybersécurité au Nigeria : l'IA et le facteur humain

La cybersécurité au Nigeria est désormais présentée comme un enjeu national par les responsables du secteur. Le président de la commission nigériane des communications (NCC), Aminu Maida, a déclaré que la sophistication croissante des attaques pilotées par l'IA a fait de la cybersécurité un impératif national.

Kashifu Inuwa Abdullahi a ajouté que les pirates cherchent davantage à piéger les personnes qu'à attaquer les systèmes eux-mêmes. Ce constat rejoint des campagnes récentes qui visent directement les utilisateurs, comme l'attaque Poisoned Source révélée par Sekoia sur Android et iPhone.

Stratégie de sécurité nationale : un chantier distinct

La Stratégie de sécurité nationale de 2019 fait elle aussi l'objet d'une révision, lancée par le Bureau de la sécurité nationale sous l'égide de Nuhu Ribadu. Le comité chargé du dossier doit remettre un projet final avant le 27 novembre.

Ce chantier est distinct de la réforme de la loi sur la cybercriminalité, mais il complète le contexte : le Nigeria révise en parallèle son arsenal juridique et sa doctrine de sécurité. Le calendrier d'adoption d'une nouvelle loi sur la cybercriminalité n'est pas fixé à ce jour.