Frigos hackés à l'EFS : ce que révèle Le Canard enchaîné

L'affaire a été révélée le 3 novembre par Le Canard enchaîné. L'hebdomadaire situe les faits dans la nuit du 1er au 2 novembre 2026 et indique que les installations concernées se trouvent en Bourgogne-Franche-Comté.

Ces équipements sont entretenus par un prestataire, Coolworld, selon le journal. Leur consigne habituelle de température serait de -30 °C. Les pirates l'auraient remplacée par une valeur de 110 °C.

110 °C : une consigne programmée, pas une température relevée

Le chiffre de 110 °C désigne la valeur paramétrée dans le système de commande. Il ne s'agit pas d'une température mesurée à l'intérieur des conteneurs. La nuance compte : une consigne modifiée ne signifie pas que le contenu a réellement chauffé à ce niveau.

Toujours selon Le Canard enchaîné, l'EFS a reconnu que du plasma congelé destiné aux transfusions figurait parmi les produits concernés. Le plasma frais congelé doit être conservé à -25 °C ou moins, un seuil que la consigne attribuée aux pirates dépasse très largement.

Cyberattaque sur le plasma : ce que disent l'EFS et le ministère de la Santé

Le président de l'EFS, Frédéric Pacoud, a confirmé publiquement :

« Il n'y a pas eu d'atteinte à la sécurité des produits »

Il a aussi déclaré :

« On aurait pu perdre des échantillons ou des poches de plasma destinés à soigner des patients »

Le ministère de la Santé assure de son côté que l'incident a été détecté à temps et qu'il n'a entraîné aucune conséquence opérationnelle. Aucun bilan chiffré du nombre de chambres froides ou de poches concernées n'a été communiqué officiellement.

Pourquoi cette attaque contre les réserves de sang inquiète ?

L'attaque est présentée comme une tentative de sabotage physique plutôt que comme un vol de données. Ce schéma diffère des cyberattaques habituelles contre le secteur de la santé, souvent motivées par le chantage ou l'exfiltration d'informations.

Dans le circuit français, l'EFS collecte le sang et le plasma, tandis que le fractionnement du plasma est confié au LFB, société détenue à 100 % par l'État. Une rupture de la chaîne du froid en amont aurait donc pu priver ces filières de matière première.

TekyMag a déjà évoqué les chambres froides de plasma visées par une possible cyberattaque à l'EFS.